Désertification médicale et paramédicale 2/4

– Assez logiquement ces 20 ans d’exploit politique conduisent à une situation de #désertification médicale. Pour gérer la pénurie, nous sommes entrés dans la nouvelle ère: c’est-à-dire la « #sur administration du système de santé ». Plein pouvoir au préfet sanitaire qui dirige les Agences Régionales de Santé (loi de 2009), multiplication de « zinzins technocratiques » (loi de 2016: GHT, PTA, CPTS…). Les quelques libertés restantes dans l’exercice médical sont en sursis. Les #professionnels de santé, identifiés depuis les années 90 comme la cause du problème, sont définitivement #ficelés par une administration, le plus souvent largement incompétente sur les questions de santé.

Le refus d’analyse lucide des erreurs passées et le dénis de réalités des responsables sont une garantie d’échec ici comme ailleurs.

Seule une réforme structurelle de l’ensemble de notre système de santé à partir de ses valeurs fondamentales qui en ont fait son succès peut seule résoudre la question des déserts médicaux.

Quel échec !!

Quelques exemples pour illustrer tout ceci.

Notre pays comptait fin 2016, 188 144 médecins exerçant en activité régulière inscrits à l’Ordre et à la CARMF (Caisse de Retraite) contre 123 902 cotisants, il y a donc 62% de médecins libéraux.

Si on admet des semaines libérales de 50 heures, déduction faite des congés, cela correspond à 280 millions d’heures de travail.

Combien faudrait-il de médecins salariés à 35h par semaine pour remplacer 123 902 médecins libéraux et faire le même travail?

Il en faudrait 175 000 soit 50 000 de plus qu’aujourd’hui !!! Si on effectue ce glissement en 10 ans, il faudrait 5 000 médecins de plus par an, il conviendrait donc de passer le numerus clausus de 7 600 à 12 600, tout en sachant qu’en 2016, 364 postes d’internats n’ont pas été pourvus et que 25% environ des jeunes médecins ne s’inscrivent pas à l’Ordre en fin de cursus.

Voilà simplement sans polémique la vérité des chiffres, et une vérité s’impose, la médecine libérale est tout simplement indispensable et toute autre proposition est dogmatique et irréalisable. Elle est économiquement meilleure que toutes les autres solutions, elle est humainement et socialement nécessaire. Elle n’a plus besoin de prouver son efficacité, l’état sanitaire de la population française en est une preuve.

La diminution du nombre de praticiens libéraux se traduit déjà journellement par une baisse du maillage territoriale en médecins et aboutira à une #catastrophe #sanitaire. Des maisons de santé sans praticiens pour y exercer ne serviront à rien.

Vacciner sans médecin n’est pas facile, mais soigner sans médecin est encore plus compliqué. Pourtant la médecine sans médecins constitue une solution imparable pour équilibrer la Sécurité Sociale: supprimons les médecins, cela supprime les dépenses. Mais est-ce que cela supprime les malades?

Il ne faut pas oublier qu’au début de la Vème République c’est le gouvernement Debré qui a mis en place une organisation nouvelle de la médecine s’appuyant d’un côté sur les CHU pour les techniques de pointes, les plateaux techniques, la recherche et la formation des jeunes médecins et de l’autre côté la médecine libérale qui ensuite s’est conventionnée. L’évolution actuelle est totalement différente ce qui a été voulu depuis 1958 malgré les avertissements de certains, c’est la #disparition de la #médecine libérale remplacée parfois pour certains par le salariat ou le fonctionnariat ou le type de médecine à l’anglaise…

Mais si on regarde bien, tout ceci est encore dans les têtes des dirigeants parisiens. Dernièrement la Court de Comptes s’exprime en disant qu’il y a 40% de pharmacies en trop, je regarde autour de moi, les petits laboratoires de biologie médicale de proximité qui ont autant de savoir-faire que les gros sans concentration sont en train de disparaître les uns après les autres noyés sous une masse de normes et d’audits qui devient incompressible et les étouffe. Ils fermeront tous.              Regardons les #kinésithérapeutes, combien sont-ils à être formés en France, il en est de même pour les chirurgiens dentistes…

 

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Source image: topsante.com

Une réflexion au sujet de « Désertification médicale et paramédicale 2/4 »

  1. Bonsoir Monsieur Chabal, une belle année 2018. Merci pour vos chroniques si justes , qui ont le pouvoir de se retrouver les pieds sur terre. Les lire pourrait donner les meilleures idées qui soient à la plupart des princes qui prétendent nous gouverner. YD

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