Dégradation sanitaire à venir 3/4

L’évolution se fait malheureusement vers la dégradation de notre système de santé, de proximité en particulier.

Pour ce qui est du #numerus clausus, les données sont précises et connues: il y a un décalage de 11 ans entre les courbes du numerus clausus et celles des installations. Mais cette mesure est sans effet au plus fort de la crise, elle aggravera même la remontée pour arriver  sans doute un jour à près de 150 000 médecins mais cette augmentation risque d’avoir également une baisse dans un deuxième temps drastique de ce même numerus clausus puis une nouvelle pénurie… Quant aux autres mesures comme la #prime à l’installation, les #maisons médicales, j’aimerai que l’on m’explique en quoi cela augmente le nombre de médecins, parce que c’est lui, ce nombre, qui est le premier principal problème.

Les maisons de santé répondent aux problèmes de changement de mentalités de nos jeunes confrères qui ne veulent plus être disponibles 24h/24 et 365 jours par an, situation d’ailleurs aggravées par la pénurie. C’est un autre problème qui ne joue pas sur le nombre mais sur la #répartition et qui a pour risque également de sur doter les communes moyennes et de sous doter les petites.

 

Nous le voyons c’est un échec de plus de 30 ans de « gouvernance sanitaire ». Le système politico-administratif que je qualifie de technostructure a modifié tellement le problème de santé qu’à l’heure actuelle il est difficile de pouvoir revenir à une réalité rapidement.

L’acte médical est une confiance entre deux consciences nous n’y pourrons rien malgré toutes les avancées technologiques et l’imagerie en particuliers.

Le #temps médical pour les consultations a été minoré au profit nous l’avons déjà vu d’un temps administratif qui est de plus en plus complexe et qui complexifie également le fonctionnement d’une micro entreprise qu’est le cabinet médical.

La #culture des 35h, des #repos compensateurs, et autres #normes ne permettent plus d’avoir une possibilité de couvrir l’ensemble des #besoins sanitaires du territoire français.

Je rajoute la situation juridique et judiciaire des médecins qui, se sont aggravées aussi, non pas parce qu’il y a plus de fautes mais parce qu’il y a plus de revendications de la part d’une partie fort minoritaire de la population qui joue du juridique.

L’évolution vers une fonction « salarié » est faussement sécurisant parce qu’elle ne permet pas non plus de pouvoir améliorer la proximité médicale que recherchent les Français. Enfin dans le même ordre d’idées, certains de ma génération et moi-même nous avons pu nous installer après 6 ans et demi d’études en travaillant en même temps les derniers stages et la thèse. Actuellement il faut 9 ans voir 9 ans et demi et bientôt 10 ans pour pouvoir s’installer, c’est une perte également de temps et de travail accaparés par l’hôpital au détriment du libéral et de la population française.

Pendant ce temps là, les #conventions qui se succèdent sont de plus en plus un encadrement administratif strict et qui nous l’avons déjà vu sous évaluent le coût de l’acte, je ne parlerai pas en détail des « #primes », ceci n’est pas une amélioration mais une contrainte supplémentaire.

Cette convention est fortement aggravée par le principe de #précaution (je préfère un principe de #prévention) dans une société de complexité que l’on nous a demandé de mieux  assimiler!!! Non je pense simplement qu’il faut éliminer la #société de complexité, la #sur administratisation à quelque niveau que ce soit dans nos cabinets comme dans les hôpitaux et surtout dans les hôpitaux locaux….

Dans un contexte sociétal qui évolue dans un climat d’irresponsabilité généralisée individuelle et collective mais également dans un climat d’assistanat et d’infantilisation des citoyens à tous les niveaux quels qu’ils soient, rien ne nous permettra avec les mesures actuelles de nous permettre de sortir des problèmes.

Le principe de précaution, la déresponsabilisation, les conventions, les ARS comment croire  que les collectivités qu’elles soient, locales, interco-communes, ou départementales par les aides, les primes, les garanties de revenus etc, pourraient trouver des solutions puisque le diagnostic de départ c’est le manque de médecins.

Les élus, quels qu’ils soient sont formidables, ils se mobilisent ils inventent tout le reste mais ils n’ont pas les tenants et les aboutissants qui permettent de faire évoluer le nombre de médecins et la qualité de l’enseignement. Nous avons vu que dernièrement les grandes lois s’orientent massivement vers la #prévention mais pour avoir un résultat positif de politique de prévention il faut une demi génération et pendant ce temps là qu’adviendra-t-il des soins primaires des médecins traitants.

 

                Un mot sur les #hôpitaux locaux:

 

Indispensables en ruralité pour leurs services d’accueil, les services de premières urgences avec un plateau technique à minima mais performant qui est, en déconfiture complète par une sur-administratisation, des audits nombreux, des forfaits par paiement et la souffrance au travail, la mise en place de #médecins coordonateurs pour essayer de trouver des solutions, des cadres en perpétuelles réunions. En fait les hôpitaux locaux sont dans le même état que les CHU et que la médecine libérale c’est-à-dire totalement désorganisée. C’est un fléau pour les hôpitaux locaux de voir ces directions administratives qui ont multiplié leurs budgets de fonctionnement en sacrifiant les soins et l’humain.

Les politiciens changent, les hauts fonctionnaires et les petits fonctionnaires jamais, de là naissent les problèmes.

738_067_334165_1

Source image: Franceculture.fr

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s