La culture est indispensable dans notre société , elle est au service des territoires.Et  rajoutons, avec les élus et responsables qui prennent le risque avec courage de sortir, pour la satisfaction ,de tous de la pensée dominante.

L-VAL EYRIEUX-QLe 16/08/2024

L’Estival, Festival de spectacles vivants

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les responsables,

Chers amis artistes,

Cher public,

C’est aujourd’hui la 34e édition de l’Estival avec 22 représentations de 16 spectacles. On remercie bien entendu tous les partenaires et cette année, plus particulièrement, une scénographie renforcée qui vient illuminer la ville, c’est tout le symbole des « portes » au cœur de la ville du Cheylard.

L’Estival contribue à donner une image vivante et attractive du territoire. Au-delà de son existence événementielle, l’Estival donne un sens original et fort à l’action culturelle de la Communauté de communes Val’Eyrieux, vigoureusement rurale où la culture est là, bien vivante, défendue tout au long de l’année, et un public plein d’appétit.

Il est question d’intérêt général et de cette expérience de la vulnérabilité de la relation à l’autre, sans cesse renouvelée, mais jamais acquise. Merci à tous donc, Mme la vice-présidente, Mathilde Cognet, Charlotte pour le travail caché, les choix que vous avez faits, le déroulement et la mise en relation et le soutien de tous.

J’écrivais dans l’éditorial de cette 34e édition :

« Il est des rendez-vous qui rythment la vie,

Il est des temps forts qui rassemblent des plus petits aux anciens,

Il est des moments qui fédèrent « gens d’ici et d’ailleurs »,

Il est des fêtes qui animent la vie locale,

Il est des lieux propices à l’expression des artistes, passeurs de messages et d’émotions,

Il est des rencontres qui marquent bénévoles, publics, équipes et techniciens,

Il est des festivals où l’on se laisse porter, où l’on s’évade, où l’on partage,

Vivant ! Comme les spectacles qui le composent et nous avons à cœur de le vivre pleinement avec vous tous !

Bienvenue à l’estival, festival de spectacles vivant et bon festival à tous. »

Il y a depuis de très nombreuses années un grand vide culturel, en France malheureusement comblé par une sous-culture ambiante, du sommet de l’État jusque chez nous. Dans ces conditions sociétales, le réel est reporté à une date postérieure.

Nous subissons les ravages du relativisme. Et malgré cette parenthèse intéressante des Jeux Olympiques de Paris en 2024, nous voyons bien que le réveil nécessaire à un projet national de partage n’est pas pour demain. Il faut peut-être sans doute aussi avoir le courage du réel, le courage de la dissidence face à la police de la pensée.

C’est le rôle des élus, et notamment des élus locaux, qui choisissent une politique culturelle pour rassembler et non diviser. C’est le rôle également des artistes, des troupes, des compagnies, des responsables, de s’évader du cheminement pour se rapprocher du public, sortir du politiquement correct, et en ayant du flair pour connaître les mots de notre société.

Vous construisez, et nous construisons ainsi, une œuvre.

Je sais que l’on peut compter sur vous tous. Cette année, pour nous réveiller, je prendrai à témoin deux personnages pour cet estival.

Celui de Philippe Muray, dont j’avais déjà parlé en 2009, et qui nous disait : « dans ce monde post-historique et post-humain », il tira une théorie de la civilisation hyperfestive et dessina son personnage archétypal : « Homo Festivus, c’est la tyrannie de la fête, par son moralisme, son chantage compassionnel, sa chasse aux sorcières, ses fausses rébellions institutionnelles, son victimisme, sa transparence, sa bonne conscience, indifférenciation des genres ».

Les traits marquants de cette nouvelle société visaient à éradiquer la négativité, la véritable altérité, le réel, le passé au profit d’une célébration permanente, totale d’un pseudo-progressisme enivré au mouvement perpétuel rajoutant avec sa verve et son génie de la formule, par exemple « la cage aux phobes », « les mutins de panurge », et résume ainsi en quelques mots la dinguerie contemporaine.

C’est l’intelligence avec lui à l’état pur et la culture à l’état pur vis-à-vis d’un monde vaseux et réprouvé des régressions inavouées, des faiblesses passagères de la raison. C’est pour cela que nous avons mis en route, il y a bientôt 20 ans, le Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle avec son esprit critique, adossé à la Cité des Sciences à Paris.

Son intuition la plus géniale c’est de s’être attardé à dénoncer toute la sous-culture ambiante, au feuilletoniste, au magicien, au charlatan. Philippe Muray bombarde les réalisations et les fondations que nous subissons, mais il reste positif, écoutons-le encore.

Longtemps après que le poète a disparu, reste la beauté du geste, « à chacun de choisir son camp, s’opposer ou rester muet ».

Pour terminer, que disait, que nous enseignait Jean Rostand à propos de la culture ?

« La culture ce n’est pas avoir le cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, c’est la qualité du jugement, l’exigence logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage. C’est avoir l’esprit ferme sans la voix rigide. C’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision. C’est refuser tous les fanatismes jusqu’à ceux qui s’autorisent de la raison. C’est suspecter les dogmatismes officiels mais sans profit pour les charlatans. C’est révérer le génie mais sans en faire une idole. C’est toujours préférer ce qui est à ce qu’on préférerait qui fût ».

Après ces deux énormes philosophes contemporains, nous pouvons conclure : un pays va bien si sa culture va bien, une communauté de communes rurales va bien si sa culture va bien, un territoire rural va bien si sa culture va bien, c’est tout le but de la politique culturelle de Val’Eyrieux.

Je vous remercie.

Dr Jacques Chabal

Président de la Communauté

de communes Val’Eyrieux

Laisser un commentaire